"Pompe à chaleur ou chauffage électrique", c'est la question qu'on entend chez tous les propriétaires équipés de vieux convecteurs qui voient leur facture d'hiver grimper. On leur refait à chaque fois le même calcul, au tableau de la cuisine, et il tient dans un seul chiffre : le COP. Voici comment on le pose, avec les vraies conséquences sur la facture.
Pourquoi le convecteur est condamné par les maths
Un radiateur électrique classique a un rendement de 1 : pour 1 kWh d'électricité, il rend 1 kWh de chaleur. Sur le papier, 100 %, ça paraît imbattable. Sauf qu'une pompe à chaleur ne fabrique pas la chaleur, elle la déplace : elle prend des calories dehors et les pousse dedans. Pour 1 kWh consommé, elle en restitue 3 à 4. Ce rapport s'appelle le COP, et c'est lui qui divise la facture. À confort identique, un COP de 3,5 signifie une facture de chauffage divisée par 3,5. Le convecteur ne perd pas parce qu'il est mauvais, il perd parce qu'il ne peut pas tricher avec la physique.
Le calcul qu'on pose chez le client
Pour estimer l'économie, on n'a besoin que de deux choses : votre consommation de chauffage actuelle et le prix de votre kWh. La formule qu'on applique :
Économie annuelle = consommation actuelle (kWh) × prix du kWh × (1 − 1/COP)
Cas type d'un pavillon de 120 m² tout électrique consommant environ 15 000 kWh de chauffage par an, avec un kWh à 0,20 € :
- coût actuel : 15 000 × 0,20 = 3 000 €/an ;
- avec une PAC air/eau à COP 3,5 : 15 000 ÷ 3,5 × 0,20 ≈ 860 €/an ;
- économie : environ 2 140 €/an.
Si la PAC coûte 14 000 € posée et que 5 000 € d'aides s'appliquent, le reste à charge tombe à 9 000 €, amorti en trois à quatre ans par ces économies. Ce calcul, on le détaille aussi dans notre guide sur les économies de chauffage avec une PAC.
Comparatif à froid : convecteurs contre PAC
| Critère | Radiateurs électriques | PAC air/eau (COP 3,5) |
|---|---|---|
| Rendement | 1 | 3 à 4 |
| Conso pour 12 000 kWh de chaleur | 12 000 kWh | ~3 400 kWh |
| Coût annuel (0,20 €/kWh) | ~2 400 € | ~680 € |
| Investissement | Faible (l'appareil seul) | 10 000–18 000 € posée |
| Amortissement | — | 5 à 9 ans selon aides |
Ordres de grandeur pour une maison de 100 m² ; le tarif de l'électricité fait bouger les lignes.
Ce que le convecteur fait mieux (soyons honnêtes)
On ne va pas prétendre que l'électrique direct n'a aucun mérite : la chaleur est immédiate, chaque pièce a son thermostat, il n'y a aucun entretien et aucun travaux de pose. C'est pour ça qu'on le laisse volontiers en place dans une pièce annexe ou une résidence secondaire peu occupée. Le problème, c'est de chauffer toute une maison principale avec, à l'année : là, le surcoût sur la facture dépasse vite le prix d'une PAC.
Quelle PAC pour remplacer des grille-pain ?
Deux voies, selon que votre logement a un circuit d'eau ou non :
- PAC air/air. Elle souffle l'air chaud (et frais l'été) via des splits, sans toucher au circuit de chauffage. Moins chère à poser (5 000–12 000 €), c'est souvent la solution la plus directe quand on part de convecteurs. Attention : elle ne produit pas l'eau chaude sanitaire, et elle n'est pas éligible à MaPrimeRénov' — seulement à la prime CEE.
- PAC air/eau. Elle alimente un réseau de radiateurs à eau ou un plancher chauffant. Investissement plus élevé (10 000–18 000 €), mais économies maximales, eau chaude sanitaire possible, et éligible à MaPrimeRénov' en plus des CEE. C'est le bon choix si vous voulez basculer sur un vrai chauffage central.
Pour aller plus loin sur cette bascule, voyez notre page dédiée au remplacement des radiateurs électriques.
Les aides selon le type de PAC
C'est le point où beaucoup se trompent, alors on le cadre nettement :
- PAC air/eau : MaPrimeRénov' (jusqu'à ~5 000 € selon revenus) + prime CEE + TVA à 5,5 % + éco-PTZ jusqu'à 50 000 €.
- PAC air/air : prime CEE + TVA à 5,5 %, mais pas de MaPrimeRénov'.
Dans tous les cas, la condition impérative est de passer par un installateur certifié RGE : sans RGE, aucune aide. Et pour bien saisir le rôle central du COP dans tout ce raisonnement, notre article sur la définition du COP d'une pompe à chaleur va au fond du sujet.
Ce qu'on conseille selon votre logement
Deux cas où on laisse le chauffage électrique : la résidence secondaire peu chauffée et la pièce isolée d'appoint. Partout ailleurs, sur une maison principale occupée toute l'année, la pompe à chaleur est le meilleur placement — des centaines d'euros économisés chaque hiver et un confort supérieur. En Île-de-France et dans nos départements limitrophes, le climat tempéré maintient des COP élevés toute la saison, ce qui accélère l'amortissement.
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Pour aller plus loin
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